{"id":1137,"date":"2022-08-19T13:07:00","date_gmt":"2022-08-19T13:07:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/?p=1137"},"modified":"2025-10-09T13:10:27","modified_gmt":"2025-10-09T13:10:27","slug":"a-propos-de-la-colline-inspiree-par-paul-bourget-1913-garder-presente-loeuvre-de-maurice-barres-le-combat-est-culturel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/index.php\/2022\/08\/19\/a-propos-de-la-colline-inspiree-par-paul-bourget-1913-garder-presente-loeuvre-de-maurice-barres-le-combat-est-culturel\/","title":{"rendered":"\u00c0 propos de \u00ab La Colline inspir\u00e9e \u00bb par Paul BOURGET (1913). Garder pr\u00e9sente l\u2019\u0153uvre de Maurice Barr\u00e8s ; le combat est culturel !"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"https:\/\/www.jesuisfrancais.blog\/2022\/08\/19\/la-colline-inspiree-chronique-des-lettres-de-laction-francaise-du-23-fevrier-1913-garder-maurice-barres-present-le-combat-est-culturel\/\"><time datetime=\"2022-08-19T04:04:00+02:00\">vendredi 19 ao\u00fbt 2022<\/time><\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jesuisfrancais.blog\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/image-04-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-12082333\"\/><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><em>Y-aura-t-il une \u00ab&nbsp;affaire Barr\u00e8s&nbsp;\u00bb, une de plus parmi celles mont\u00e9es par les r\u00e9seaux d\u00e9constructeurs de nos gloires nationales, litt\u00e9raires, militaires, artistiques, philosophiques, politiques, religieuses ou autres ? On c\u00e9l\u00e8brera en 2023 un double anniversaire barr\u00e9sien : celui des cent ans de la mort de Maurice Barr\u00e8s (1923) et celui des 110 ans de la parution de La Colline inspir\u00e9e. Les d\u00e9constructeurs laisseront-ils passer ces dates sans mot dire contre l\u2019auteur des D\u00e9racin\u00e9s, le patriote lorrain, le nationaliste fran\u00e7ais qui, sans le rejoindre jamais, fut et resta toujours l\u2019ami de Maurras ? Disons que c\u2019est peu probable et que 2023 \u2013 c\u2019est demain \u2013 nous aurons sans-doute affaire \u00e0 quelques passes d\u2019armes et \u00e0 divers interdits fulmin\u00e9s contre&nbsp; rien d\u2019autre que le patriotisme fran\u00e7ais. Mieux vaut s\u2019y attendre, voire s\u2019y pr\u00e9parer par la lecture, la r\u00e9flexion, non l\u2019anath\u00e8me mais le d\u00e9bat. Nous savons le combat culturel, autant, ou presque, que politique. Or L\u2019influence litt\u00e9raire et politique de Barr\u00e8s a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rable non seulement en son temps mais aussi bien au-del\u00e0, que ce soit par sa vaste post\u00e9rit\u00e9 litt\u00e9raire plus ou moins revendiqu\u00e9e ou par le retentissement de sa pens\u00e9e et de son exemple parmi les politiques, les hommes d\u2019\u00c9tat qui ont compt\u00e9 en France au XXe si\u00e8cle, le XXIe semblant n\u2019en compter aucun.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Nous terminons ici notre survol barr\u00e9sien des derniers jours* dans la lumi\u00e8re de la Colline inspir\u00e9e en publiant une \u00e9tude de Paul Bourget qui fut de son temps une personnalit\u00e9 litt\u00e9raire et politique de tout premier plan et qui est presque oubli\u00e9 du n\u00f4tre. Cette \u00e9tude montre aussi le puissant critique qu\u2019il fut et qui devrait, d\u2019ailleurs, selon nous, inspirer le go\u00fbt du s\u00e9rieux, de l\u2019ordre et de la m\u00e9thode aux analystes d\u2019aujourd\u2019hui.&nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 propos de \u00ab La Colline inspir\u00e9e \u00bb par Paul BOURGET<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jesuisfrancais.blog\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/Chabas_Bourget-1-230x300.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12082251\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>I.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a de cela bien des ann\u00e9es. C\u2019\u00e9tait chez M. Taine. Il habitait, au boulevard Saint-Germain, une vieille maison, aujourd\u2019hui d\u00e9molie, et dont les fen\u00eatres donnaient sur la fa\u00e7ade grise de Saint-Thomas-d\u2019 Aquin. Ce soir-l\u00e0 on parlait de l\u2019art du roman. Cherbuliez, Boutmy, P\u00e2ris \u00e9taient pr\u00e9sents. Je les vois encore, group\u00e9s autour de Tourgueniev, et j\u2019entends celui-ci nous faire la th\u00e9orie de ce genre, o\u00f9 il excellait, avec une abondance de points de vue, un choix d\u2019exemples qui me laissent inconsolable de n\u2019avoir pas not\u00e9, toute chaude, cette improvisation du plus r\u00e9fl\u00e9chi des g\u00e9nies russes. Je me souviens. Une des ma\u00eetresses id\u00e9es qu\u2019il d\u00e9veloppa fut celle des trois ordres de personnages. \u00ab Il y a dans la vie \u00bb, disait-il, ou \u00e0 peu pr\u00e8s, \u00ab une humanit\u00e9 sup\u00e9rieure, une humanit\u00e9 moyenne, une humanit\u00e9 inf\u00e9rieure. Pour reproduire cette \u00e9chelle de valeurs, le romancier doit mettre en sc\u00e8ne trois s\u00e9ries de caract\u00e8res : des avort\u00e9s et des grotesques dans le fond du tableau, des individualit\u00e9s ordinaires dans le milieu, et, sur le premier plan, ce que le langage vulgaire appelle des h\u00e9ros, des natures exceptionnelles\u2026 \u00bb Il insistait sur la n\u00e9cessit\u00e9 du trait substitu\u00e9 \u00e0 la description pour donner une vue et un sentiment des paysages. Il cita comme un mod\u00e8le achev\u00e9 du talent de montrer, un morceau de Tolsto\u00ef, o\u00f9 le silence d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9 est rendu perceptible par un seul d\u00e9tail : un grand oiseau s\u2019envole et l\u2019on entend le petit bruit que les extr\u00e9mit\u00e9s de ses longues ailes font en se touchant. Tourgueniev nous entretint encore de Flaubert, qu\u2019il admirait, avec des r\u00e9serves. Il lui reprochait un style trop \u00e9crit, une facture dans le r\u00e9cit trop diff\u00e9rente de la sensibilit\u00e9 des gens mis en sc\u00e8ne. \u00ab Cela emp\u00eache l\u2019atmosph\u00e8re. \u00bb Cette formule m\u2019est rest\u00e9e, comme aussi l\u2019illuminisme qui passait dans ces yeux clairs et sur ce large visage pour proph\u00e9tiser au roman un avenir illimit\u00e9. \u00ab Il absorbera tout \u00bb, disait-il. \u00ab Ce sera lui le vrai th\u00e9\u00e2tre, la vraie po\u00e9sie, le v\u00e9ritable essai, la v\u00e9ritable histoire. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cette conversation m\u2019est revenue \u00e0 l\u2019esprit en fermant le nouveau volume de M. Maurice Barr\u00e8s, cette <em>Colline inspir\u00e9e<\/em>, qui est d\u00e9j\u00e0 dans toutes les mains. L\u2019extr\u00eame originalit\u00e9 de ce livre atteste combien Tourgueniev avait raison. Ce genre du roman, que la critique d\u00e9clare, de temps \u00e0 autre, \u00e9puis\u00e9, porte en lui des richesses extraordinaires de renouvellement. Qu\u2019un talent vigoureux s\u2019y applique, et voici que les anciennes formules s\u2019abolissent et qu\u2019un type in\u00e9dit de r\u00e9cit se manifeste. Je voudrais dire \u00e0 quelle tradition se rattache celui-ci, par quel proc\u00e9d\u00e9 il est nouveau, quelle port\u00e9e enfin ce proc\u00e9d\u00e9 donne \u00e0 ce beau livre. Chacun de ces points voudrait un long d\u00e9veloppement. Je ne me permettrai que de br\u00e8ves indications.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;II.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La <em>Colline inspir\u00e9e<\/em> appartient au genre du roman historique. Cette formule risque de para\u00eetre d\u00e9sobligeante. Elle s\u2019applique d\u2019ordinaire \u00e0 des compositions tr\u00e8s conventionnelles, m\u00eame si elles sont sup\u00e9rieures. <em>Ivanho\u00e9<\/em> et <em>Salammb\u00f4<\/em> sont deux romans historiques, tous deux tr\u00e8s remarquables de plan et d\u2019ex\u00e9cution, tous deux extr\u00eamement artificiels. C\u2019est le cas aussi pour <em>la<\/em> <em>Chronique de Charles IX<\/em>. Cette facilit\u00e9 tient \u00e0 la mani\u00e8re m\u00eame dont ses livres ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us. L\u2019auteur s\u2019est propos\u00e9 de reconstituer une \u00e9poque lointaine \u00e0 coups de documents, et, comme il travaillait sur des soci\u00e9t\u00e9s tr\u00e8s diff\u00e9rentes de celle o\u00f9 il vivait lui-m\u00eame, cette reconstitution n\u2019a pu \u00eatre qu\u2019arbitraire. Il n\u2019en va d\u00e9j\u00e0 plus de m\u00eame quand il s\u2019agit de temps plus rapproch\u00e9s. <em>La R\u00f4tisserie de la reine P\u00e9dauque<\/em> et <em>les Dieux ont soif<\/em>, de M. Anatole France, sont des r\u00e9cits \u00e9tablis aussi sur des documents. Mais le dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle et la R\u00e9volution ne sont plus si loin. Les fa\u00e7ons de sentir et de penser des hommes d\u2019alors nous sont moins inaccessibles. Ces romans sont d\u00e9j\u00e0 plus vivants. Il semblerait donc que le roman historique d\u00fbt \u00eatre d\u2019autant meilleur qu\u2019il met en sc\u00e8ne des \u00e9v\u00e8nements contemporains. \u00c0 l\u2019\u00e9preuve, ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait exact. J\u2019en citerai comme exemple <em>l\u2019Insurg\u00e9<\/em>, de Vall\u00e8s. Ici, la partialit\u00e9 du narrateur est un principe de d\u00e9formation, un autre, le manque de perspective. Voil\u00e0 qui explique le discr\u00e9dit o\u00f9 est tomb\u00e9 le roman historique, condamn\u00e9, croirait-on, \u00e0 l\u2019inexactitude, qu\u2019il traite d\u2019\u00e9v\u00e8nements recul\u00e9s ou d\u2019\u00e9v\u00e8nements r\u00e9cents, pour des motifs contradictoires mais \u00e9galement sp\u00e9cieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe cependant des types r\u00e9ussis du genre. Je citerai ici : <em>Le Chevalier Destouches<\/em>, de Barbey d\u2019Aurevilly ; <em>une T\u00e9n\u00e9breuse affaire<\/em>, de Balzac&nbsp;; tout le d\u00e9but de <em>la Chartreuse de Parme<\/em>, et surtout cette admirable suite de chroniques que Walter Scott consacra aux guerres civiles de son pays&nbsp;: <em>Waverley<\/em>, <em>Rob Roy<\/em>, <em>l\u2019Officier de fortune<\/em>, l<em>es Puritains d\u2019\u00c9cosse<\/em>, <em>la Prison d\u2019\u00c9dimbourg<\/em>. N\u2019oublions jamais, entre parenth\u00e8ses, que ce grand artiste fut le ma\u00eetre de l\u2019auteur de <em>la Com\u00e9die humaine<\/em>. Celui-ci commen\u00e7a par vouloir faire pour l\u2019histoire de France ce que l\u2019\u00c9cossais avait fait pour toute une partie de l\u2019histoire d\u2019Angleterre. <em>Catherine de M\u00e9dicis<\/em> demeure comme la pierre d\u2019attente d\u2019un monument que Balzac abandonna. L\u2019inspiration par laquelle il d\u00e9riva le roman historique dans le roman de m\u0153urs montre en lui un g\u00e9nie critique \u00e9gal \u00e0 son g\u00e9nie cr\u00e9ateur. Il avait compris qu\u2019il y a une difficult\u00e9 invincible \u00e0 faire du roman historique contemporain, et que le roman historique tr\u00e8s r\u00e9trospectif n\u2019est qu\u2019une curiosit\u00e9. Mais Walter Scott, pourtant&nbsp;? Je crois entendre Balzac r\u00e9pondre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Donnez-moi l\u2019\u00e9l\u00e9ment sur lequel Scott a travaill\u00e9 une tradition orale.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on consid\u00e8re que cette tradition orale est derri\u00e8re tous les chefs-d\u2019\u0153uvre que j\u2019ai mentionn\u00e9s, on entrevoit comme loi probable du roman historique la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une l\u00e9gende parl\u00e9e. Le roman vivant, quand il est r\u00e9ussi, est la transformation moderne du po\u00e8me \u00e9pique. Pour que la l\u00e9gende s\u2019\u00e9labore, il faut que l\u2019\u00e9v\u00e8nement qu\u2019elle raconte ait frapp\u00e9 profond\u00e9ment l\u2019imagination populaire, par suite qu\u2019il soit important et significatif. Cette l\u00e9gende elle-m\u00eame met en branle toutes les facult\u00e9s de ceux qui la racontent. Elle vit dans leur bouche et se teinte d\u2019un coloris, celui de la sensibilit\u00e9, du climat, des m\u0153urs, des croyances. Copier cette l\u00e9gende, c\u2019est donc, que l\u2019on soit Hom\u00e8re ou Walter Scott, transcrire non seulement des faits positifs, mais tout un coin de temps, tout un coin de pays. Ici, plus rien d\u2019artificiel comme dans le roman historique trop r\u00e9trospectif. Rien de partiel et de partial comme dans le roman historique trop contemporain. Le genre atteint l\u00e0 sa pl\u00e9nitude.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;III.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces r\u00e9flexions permettent de situer <em>la Colline inspir\u00e9e<\/em> \u00e0 sa place vraie, dans notre litt\u00e9rature actuelle. Ce roman est, pour tout un morceau de la vie lorraine, ce que <em>le Chevalier Destouches<\/em> est pour tout un morceau de la vie normande, ce que sont les <em>Contes de mon h\u00f4te<\/em> pour tout un morceau de la vie des Highlands. Dans les deux premiers tiers du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, une famille extraordinaire s\u2019est rencontr\u00e9e en Lorraine, celle des Baillard. Trois fr\u00e8res de ce nom, tous les trois pr\u00eatres, ont tout \u00e0 tour \u00e9difi\u00e9 et scandalis\u00e9 la contr\u00e9e autour de la colline v\u00e9n\u00e9rable de Sion-Vaud\u00e9mont. Ils ont restaur\u00e9 l\u00e0 un antique sanctuaire de la Vierge avec un z\u00e8le qui s\u2019est ensuite tourn\u00e9 en r\u00e9volte sous de funestes influences. Engag\u00e9s par enthousiasme dans des constructions et des cultures dont les frais d\u00e9passaient de beaucoup leurs ressources, ils n\u2019ont pas accept\u00e9 le bl\u00e2me de leurs sup\u00e9rieurs. La r\u00e9bellion contre des sentences individuelles les a pr\u00e9cipit\u00e9s \u00e0 la r\u00e9bellion contre l\u2019\u00c9glise m\u00eame, puis \u00e0 l\u2019h\u00e9r\u00e9sie. Devenus les disciples d\u2019un charlatan illumin\u00e9, Vintras, ils ont vieilli avec leurs adeptes, dans une solitude et dans une pauvret\u00e9 de plus en plus orgueilleuses et sauvages. La dispersion est venue, enfin la mort, et de cette longue et tragique aventure, rien n\u2019est rest\u00e9 que des noms, r\u00e9p\u00e9t\u00e9s dans des r\u00e9cits tout m\u00eal\u00e9s d\u2019admiration et de terreur, de raillerie et de piti\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces r\u00e9cits, M. Barr\u00e8s, toujours hant\u00e9 par son d\u00e9sir de p\u00e9n\u00e9trer plus profond\u00e9ment l\u2019\u00e2me lorraine, les a recueillis de celui-ci, de celui-l\u00e0, de tous les t\u00e9moins qu\u2019il a pu d\u00e9couvrir, avec quelle peine, il nous le dit lui-m\u00eame d\u00e8s le d\u00e9but de son livre : \u00ab Aujourd\u2019hui, c\u2019est un lourd silence autour des trois fr\u00e8res Baillard, un double silence, celui de l\u2019oubli naturel et celui de l\u2019oubli voulu par l\u2019\u00c9glise\u2026 \u00bb Silence rompu sans cesse pourtant par des t\u00e9moignages involontaires des uns et des autres. \u00ab Pendant des ann\u00e9es, dix, vingt ans peut-\u00eatre \u00bb, ajoute M. Barr\u00e8s, \u00ab je me suis renseign\u00e9 sur Quirin, sur le grand Fran\u00e7ois, sur le fameux L\u00e9opold\u2026 \u00bb Mais d\u00e9j\u00e0 le chercheur, \u00e0 la place des faits exacts qu\u2019il sollicite, ne trouve plus qu\u2019une mati\u00e8re l\u00e9gendaire\u2026 \u00ab Je me dis parfois que si l\u2019imprim\u00e9 n\u2019aboutissait pas de nos jours \u00e0 tuer toute production spontan\u00e9e du g\u00e9nie populaire, l\u2019aventure de ces trois pr\u00eatres viendrait tout naturellement se placer dans la s\u00e9rie de la geste lorraine. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai tenu \u00e0 citer tout ce passage. Il d\u00e9finit tr\u00e8s nettement l\u2019attitude de l\u2019artiste devant cette mati\u00e8re singuli\u00e8rement riche \u00e0 la fois et indigente qu\u2019est une tradition orale. C\u2019est de la v\u00e9rit\u00e9 et c\u2019est de la fable, du r\u00e9el et de la fantasmagorie, mais surtout, c\u2019est de la vie, de la grande et naturelle imagination humaine en mouvement. La Geste lorraine ! Comme l\u2019auteur de <em>la Colline inspir\u00e9e<\/em> a eu raison de rajeunir ce mot d\u00e9suet&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Il est escrit en la Geste Francur<\/em>\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019emprunte ce texte \u00e0 <em>la Chanson de Roland<\/em>. Littr\u00e9 nous rappelle que la Geste, au moyen \u00e2ge, signifiait encore race, extraction. Le biographe des Baillard l\u2019entend bien ainsi. Voyez comme il rattache sans cesse ces personnages \u00e0 leur terre et \u00e0 leurs morts&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce sont ceux qui, au lendemain de la R\u00e9volution et quand la charrue avait pass\u00e9 sur des lieux consacr\u00e9s par une v\u00e9n\u00e9ration s\u00e9culaire, se donn\u00e8rent pour t\u00e2che de relever la vieille Lorraine mystique et de ranimer les flammes qui br\u00fblent sur ses sommets.&nbsp;\u00bb Ce biographe est lui-m\u00eame Lorrain, comme Barbey \u00e9tait Normand, comme Scott \u00e9tait \u00c9cossais. Toutes les nuances de sensibilit\u00e9 qui ont \u00e9t\u00e9 celles de ces Baillard, d\u00e9j\u00e0 noy\u00e9s dans le pass\u00e9, mais un pass\u00e9 tout voisin, il les porte en lui. Sa sympathie s\u2019\u00e9meut \u00e0 songer combien ils sont pr\u00e8s, et si distants, si perdus&nbsp;! \u00ab&nbsp;Je m\u2019\u00e9tonnais que L\u00e9opold ne f\u00fbt mort qu\u2019en 1833, et je cherchais \u00e0 me souvenir si, enfant, je ne l\u2019avais pas rencontr\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb Tout le principe du vrai roman historique, tel que Scott l\u2019a magistralement inaugur\u00e9, n\u2019est-il pas dans cette simple phrase&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;IV.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comment la traiter cependant, cette mati\u00e8re l\u00e9gendaire ? Le conteur de Waverley n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019il \u00e9tait un conteur. Scott a compl\u00e9t\u00e9 les aventures r\u00e9elles que lui fournissait la l\u00e9gende par des aventures imagin\u00e9es. Vous distinguez nettement, quand vous le lisez, les portions recueillies \u00e0 m\u00eame la tradition et celles o\u00f9 le trouv\u00e8re s\u2019est donn\u00e9 libre carri\u00e8re. Les unes se raccordent aux autres avec un art infini. Son duc d\u2019Argyle, par exemple, et son James Graham Montrose, qui rel\u00e8vent de l\u2019histoire, s\u2019apparentent exactement \u00e0 son Henry Morton et \u00e0 son \u00c9dith Ballenden, qui rel\u00e8vent du roman. Les personnages invent\u00e9s vous apparaissent d\u2019abord comme aussi incontestables que les personnages r\u00e9els. \u00c0 l\u2019examen, la soudure se fait visible et la <strong>diff\u00e9rence<\/strong>. Il y a dans les figures et les \u00e9v\u00e8nements vrais que Walter Scott a connus par des t\u00e9moins authentiques ou par des auditeurs de ces t\u00e9moins, une force de cr\u00e9dibilit\u00e9 qu\u2019il n\u2019a pas obtenue avec ses figures et ses \u00e9v\u00e8nements fictifs. C\u2019est m\u00eame ainsi que j\u2019explique l\u2019extraordinaire injustice de certains critiques \u00e0 son \u00e9gard, M. Taine, par exemple, qui d\u00e9nie \u00e0 Scott \u00ab&nbsp;le don de p\u00e9n\u00e9trer jusqu\u2019au fond de ses personnages&nbsp;\u00bb. Le reproche n\u2019est m\u00e9rit\u00e9 qu\u2019\u00e0 moiti\u00e9. Il ne l\u2019e\u00fbt pas \u00e9t\u00e9 du tout, si le ch\u00e2telain d\u2019Abbotsford s\u2019\u00e9tait avis\u00e9 d\u2019\u00e9crire les <em>Contes de mon h\u00f4te<\/em> comme Maurice Barr\u00e8s a \u00e9crit <em>la Colline<\/em>, sans se croire oblig\u00e9 d\u2019ajouter \u00e0 la tradition l\u00e9gendaire, et en appliquant toutes ses \u00e9nergies imaginatives \u00e0 reconstruire simplement la r\u00e9alit\u00e9 telle qu\u2019elle a pu, telle qu\u2019elle a d\u00fb \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Aucune intrigue parasitaire dans ce roman-ci. J\u2019allais dire aucun \u00ab roman \u00bb, et pourtant c\u2019est un roman, une \u00e9vocation, dans le temps et dans l\u2019espace, d\u2019individus vivants qui vont et qui viennent, qui pensent et qui sentent, dans des paysages, avec des habitudes, des gestes et des physionomies, des temp\u00e9raments. L\u2019unit\u00e9 d\u2019action ne manque pas, seulement elle est int\u00e9rieure, si l\u2019on peut dire, comme dans la vie. Visiblement, l\u2019artiste s\u2019est dit : \u00ab Ce groupe est si caract\u00e9ristique, si complet ! Pourquoi le d\u00e9former en le modifiant autour d\u2019une construction chim\u00e9rique ? Si je m\u2019appliquais plut\u00f4t \u00e0 me le repr\u00e9senter dans tous ses d\u00e9tails certains, dans tous ses dessous hypoth\u00e9tiques, mais probables. \u00bb Il n\u2019a pas invent\u00e9 un seul caract\u00e8re, pas un incident. Il a seulement creus\u00e9, pr\u00e9cis\u00e9, situ\u00e9, d\u00e9fini les donn\u00e9es de la r\u00e9alit\u00e9. \u00ab Ce livre \u00bb, nous d\u00e9clare-t-il, \u00ab est sorti d\u2019une infinie m\u00e9ditation au grand air, en toute libert\u00e9, d\u2019une compl\u00e8te soumission aux influences de la colline sainte. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;V.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Notons-le aussit\u00f4t : une telle m\u00e9thode d\u2019interpr\u00e9tation, ou mieux, de re-cr\u00e9ation mentale, n\u2019\u00e9tait possible qu\u2019\u00e0 l\u2019occasion d\u2019une histoire priv\u00e9e et de personnages d\u2019arri\u00e8re-plan. Qui voudrait l\u2019appliquer \u00e0 des \u00e9pisodes et \u00e0 des individus c\u00e9l\u00e8bres se heurterait aussit\u00f4t \u00e0 une difficult\u00e9 insurmontable. Sur ces \u00e9pisodes et ces individus-l\u00e0, le lecteur a son id\u00e9e faite. Vous pouvez la modifier par des textes in\u00e9dits, une correspondance, des M\u00e9moires. Vous ne la modifierez pas imaginativement. C\u2019est le motif pour lequel des hommes aussi \u00e9tonnants de personnalit\u00e9 et de destin\u00e9e que Napol\u00e9on, par exemple, ne sauraient figurer dans un roman ou sur la sc\u00e8ne sans que le r\u00e9cit ou le drame rendent un son faux. Nous touchons le point pr\u00e9cis o\u00f9 l\u2019histoire et le roman historique se s\u00e9parent. L\u2019instinct du talent est trop fort chez M. Barr\u00e8s pour ne pas l\u2019avoir averti que l\u2019int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur de ses Baillard r\u00e9sidait dans leur humilit\u00e9 m\u00eame. Il les a s\u00e9par\u00e9s le plus qu\u2019il a pu du vaste monde pour les renfermer et les renfoncer dans cette humilit\u00e9. Il ne les a h\u00e9ro\u00efs\u00e9s en aucune fa\u00e7on. Il n\u2019a m\u00eame pas craint de les montrer, \u00e0 de certaines heures, presque grotesques, presque cocasses et, ce faisant, il nous les a rendus si pr\u00e9sents que leur relief est obs\u00e9dant. Ce r\u00e9sultat une fois obtenu, le po\u00e8te a pu donner libre cours \u00e0 ses visions et composer ces chapitres XV, XVI, XVII, XVIII et XIX, L\u00e9opold sur les ruines de Sion, les Symphonies sur la prairie, l\u2019Ann\u00e9e noire, Un hiver de dix ann\u00e9es, la Mort de L\u00e9opold, pour lesquels il faut aller, tant ils sont puissants, chercher des comparaisons dans ce ma\u00eetre de toutes les chroniques l\u00e9gendaires qui fut Shakespeare. L\u00e9opold Baillard, accabl\u00e9 par l\u2019\u00e2ge et le malheur, mais toujours d\u00e9vor\u00e9 de la flamme intime, et cheminant dans la plaine lorraine, c\u2019est le roi Lear dans sa lande, une peinture \u00e9mouvante comme la musique de Beethoven, de ce domaine ind\u00e9termin\u00e9 o\u00f9 l\u2019\u00e2me semble errer sur le bord d\u2019un autre monde, tant celui-ci l\u2019a froiss\u00e9e, bless\u00e9e, meurtrie sans d\u00e9truire sa palpitation sublime. Jamais M. Maurice Barr\u00e8s n\u2019a tir\u00e9 des notes plus d\u00e9chirantes et plus exaltantes de ce magique instrument qu\u2019est sa prose et jamais non plus cet \u00ab enchanteur \u00bb \u2013 pour lui appliquer le nom que Joubert donnait \u00e0 Chateaubriand \u2013 n\u2019a prouv\u00e9 davantage combien la sensibilit\u00e9 chez lui se redressait, se retrempait sans cesse dans la raison. Il a trouv\u00e9, sans effort, et comme par un mouvement spontan\u00e9 de l\u2019instinct, le moyen de terminer cette symphonie de passion, d\u2019\u00e9garement et de fr\u00e9n\u00e9sie, sur le plus magnifique finale d\u2019acceptation, de discipline et de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Ce profond et courageux \u00e9lan vers la loi lib\u00e9ratrice \u2013 \u00ab \u00e9tant li\u00e9, je suis libre \u00bb, disait saint Paul, \u2013 \u00e0 travers les plus ardentes et les plus dangereuses tentations de d\u00e9sordre et d\u2019anarchie, c\u2019est le symbole de son \u0153uvre enti\u00e8re, depuis <em>Sous l\u2019\u0153il des Barbares<\/em> et <em>l\u2019Homme libr<\/em>e, jusqu\u2019\u00e0<em> Colette Baudoche<\/em> et <em>la Colline inspir\u00e9<\/em>e. C\u2019en est l\u2019unit\u00e9 profonde et la moralit\u00e9. C\u2019en est aussi le grand path\u00e9tique. L\u2019artiste en lui a toujours senti si bien que son g\u00e9nie serait en p\u00e9ril si le bouillonnement int\u00e9rieur venait \u00e0 tarir, et, s\u2019il n\u2019e\u00fbt pas r\u00e9gl\u00e9 ce bouillonnement, ce g\u00e9nie risquait de tout d\u00e9truire et de se d\u00e9truire lui-m\u00eame. Qu\u2019est-ce qu\u2019un enthousiasme qui demeure une fantaisie individuelle ? Qu\u2019est-ce qu\u2019un ordre qu\u2019aucune fantaisie ne vient plus animer ? Douloureuse antinomie que ce rare \u00e9crivain a su r\u00e9soudre par un surprenant m\u00e9lange de lyrisme et d\u2019id\u00e9ologie, d\u2019ardeur et de discipline, nous donnant ainsi, en m\u00eame temps que des livres si neufs, un tr\u00e8s noble exemple d\u2019\u00e9thique intellectuelle. Je pense combien Goethe l\u2019en e\u00fbt aim\u00e9.&nbsp; &nbsp;<em><strong>\u25a0&nbsp;<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>*&nbsp;&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.jesuisfrancais.blog\/2022\/08\/14\/il-y-aura-100-ans-en-2023-de-quelques-reactions-de-laction-francaise-a-la-mort-de-maurice-barres\/\"><strong>Il y aura 100 ans en 2023\u2026 Et sans-doute une \u00ab&nbsp;affaire&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019horizon. De quelques r\u00e9actions de l\u2019Action Fran\u00e7aise \u00e0 la mort de Maurice Barr\u00e8s.<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.jesuisfrancais.blog\/2022\/08\/17\/chronique-des-lettres-la-colline-inspiree-laction-francaise-du-23-fevrier-1913\/\">\u00ab&nbsp;La Colline inspir\u00e9e&nbsp;\u00bb. Chronique des Lettres de l\u2019Action Fran\u00e7aise du 23 f\u00e9vrier 1913. Garder Maurice Barr\u00e8s pr\u00e9sent, le combat est culturel !<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>\u00c0 signaler : Belle-de-Mai \u00c9ditions republie ce roman pour qu\u2019il puisse accompagner l\u2019\u00e9t\u00e9 de chacun qui souhaiterait d\u00e9couvrir ou red\u00e9couvrir cette \u0153uvre magistrale.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jesuisfrancais.blog\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/3D-COUV-Barres-Colline-inspiree-267x300.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-11997633\"\/><\/figure>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>vendredi 19 ao\u00fbt 2022 Y-aura-t-il une \u00ab&nbsp;affaire Barr\u00e8s&nbsp;\u00bb, une de plus parmi celles mont\u00e9es par les r\u00e9seaux d\u00e9constructeurs de nos gloires nationales, litt\u00e9raires, militaires, artistiques, philosophiques, politiques, religieuses ou autres ? On c\u00e9l\u00e8brera en 2023 un double anniversaire barr\u00e9sien : celui des cent ans de la mort de Maurice Barr\u00e8s (1923) et celui des 110 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1138,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ocean_post_layout":"","ocean_both_sidebars_style":"","ocean_both_sidebars_content_width":0,"ocean_both_sidebars_sidebars_width":0,"ocean_sidebar":"","ocean_second_sidebar":"","ocean_disable_margins":"enable","ocean_add_body_class":"","ocean_shortcode_before_top_bar":"","ocean_shortcode_after_top_bar":"","ocean_shortcode_before_header":"","ocean_shortcode_after_header":"","ocean_has_shortcode":"","ocean_shortcode_after_title":"","ocean_shortcode_before_footer_widgets":"","ocean_shortcode_after_footer_widgets":"","ocean_shortcode_before_footer_bottom":"","ocean_shortcode_after_footer_bottom":"","ocean_display_top_bar":"default","ocean_display_header":"default","ocean_header_style":"","ocean_center_header_left_menu":"","ocean_custom_header_template":"","ocean_custom_logo":0,"ocean_custom_retina_logo":0,"ocean_custom_logo_max_width":0,"ocean_custom_logo_tablet_max_width":0,"ocean_custom_logo_mobile_max_width":0,"ocean_custom_logo_max_height":0,"ocean_custom_logo_tablet_max_height":0,"ocean_custom_logo_mobile_max_height":0,"ocean_header_custom_menu":"","ocean_menu_typo_font_family":"","ocean_menu_typo_font_subset":"","ocean_menu_typo_font_size":0,"ocean_menu_typo_font_size_tablet":0,"ocean_menu_typo_font_size_mobile":0,"ocean_menu_typo_font_size_unit":"px","ocean_menu_typo_font_weight":"","ocean_menu_typo_font_weight_tablet":"","ocean_menu_typo_font_weight_mobile":"","ocean_menu_typo_transform":"","ocean_menu_typo_transform_tablet":"","ocean_menu_typo_transform_mobile":"","ocean_menu_typo_line_height":0,"ocean_menu_typo_line_height_tablet":0,"ocean_menu_typo_line_height_mobile":0,"ocean_menu_typo_line_height_unit":"","ocean_menu_typo_spacing":0,"ocean_menu_typo_spacing_tablet":0,"ocean_menu_typo_spacing_mobile":0,"ocean_menu_typo_spacing_unit":"","ocean_menu_link_color":"","ocean_menu_link_color_hover":"","ocean_menu_link_color_active":"","ocean_menu_link_background":"","ocean_menu_link_hover_background":"","ocean_menu_link_active_background":"","ocean_menu_social_links_bg":"","ocean_menu_social_hover_links_bg":"","ocean_menu_social_links_color":"","ocean_menu_social_hover_links_color":"","ocean_disable_title":"default","ocean_disable_heading":"default","ocean_post_title":"","ocean_post_subheading":"","ocean_post_title_style":"","ocean_post_title_background_color":"","ocean_post_title_background":0,"ocean_post_title_bg_image_position":"","ocean_post_title_bg_image_attachment":"","ocean_post_title_bg_image_repeat":"","ocean_post_title_bg_image_size":"","ocean_post_title_height":0,"ocean_post_title_bg_overlay":0.5,"ocean_post_title_bg_overlay_color":"","ocean_disable_breadcrumbs":"default","ocean_breadcrumbs_color":"","ocean_breadcrumbs_separator_color":"","ocean_breadcrumbs_links_color":"","ocean_breadcrumbs_links_hover_color":"","ocean_display_footer_widgets":"default","ocean_display_footer_bottom":"default","ocean_custom_footer_template":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"ocean_post_oembed":"","ocean_post_self_hosted_media":"","ocean_post_video_embed":"","ocean_link_format":"","ocean_link_format_target":"self","ocean_quote_format":"","ocean_quote_format_link":"post","ocean_gallery_link_images":"on","ocean_gallery_id":[],"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[],"class_list":["post-1137","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-je-suis-francais","entry","has-media","owp-thumbs-layout-horizontal","owp-btn-normal","owp-tabs-layout-horizontal","has-no-thumbnails","has-product-nav"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/3D-COUV-Barres-Colline-inspiree-267x300-1.png","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1137","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1137"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1137\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1139,"href":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1137\/revisions\/1139"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1138"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1137"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1137"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.belledemaieditions.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1137"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}